Liberté, Egalité, Fraternité

Ne vous attendez pas par un tel titre une note politique, mais de civisme. Je me sers uniquement de cette devise inscrite sur la plupart de nos bâtiment républicains pour illustrer l’un des tests les plus engagés que j’aurai faits dans ma vie. Aujourd’hui point de technologie dernier cri. Mais un cri citoyen, victime durant quelques jours d’une société a deux vitesses: celle d’en haut sur ses deux jambes et celle d’en bas appuyée sur des instruments qui appartiennent à notre société sans avoir connu les bénéfices du confort de tous les jours.

Vous l’aurez compris, aujourd’hui vous aurez le droit à une note engagée. Il est vrai qu’il n’est pas dans mes habitudes de parler de la sorte pour de quelconques causes existantes. Non pas que je ne sois pas touché par celles qui existent, mais l’ayant vécu durant plus d’une semaine je peux vous affirmer que la vie d’une personne invalide n’est pas drôle.

Qu’est-ce que la liberté lorsque l’on ne peut se déplacer comme on l’aimerait ? Je ne vous parle pas de ceux qui se retrouvent en fauteuil, car moi avec une jambe invalide et une troisième comme support, je fais partie de ceux qui bénéficient du luxe de pouvoir encore marcher, ou du moins se tenir debout, dignement. J’ai encore cette liberté de pouvoir aller encore presque partout… certes moins rapidement lors de mes déplacements, mais libre encore de pouvoir m’y rendre. Cette belle devise me fait repenser à cette publicité anglo-saxonne que j’avais découverte sur la toile et qui prend en moi tout son sens:

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Car oui, la liberté est aussi de pouvoir aller d’un point A à un point B et au même titre qu’une personne lambda… Mais notre société n’est pas encore prête pour ce genre de progrès encore trop sophistiqué.

Puis l’égalité. Ça, c’est une belle devise… tout aussi belle que la première, car dans les faits, elle n’existe pas. Et je suis catégorique ! Quand on sait que la vie est une succession de sélection naturelle où survivent les plus forts, j’aimerais vraiment croire que les handicapés ont les mêmes chances que Monsieur Dupont. Votre banque par exemple ne se soucie pas de vous. À l’extérieur, le distributeur de billets n’est pas toujours à votre niveau lorsque vous êtes dans un fauteuil… et quand bien même vous auriez décidé d’aller faire un tour à l’intérieur, le sas de sécurité est une plaie. La place est rare, et les portes incroyablement lourdes… Sans compter que personne du personnel ne pensera à vous tenir la porte malgré les documents que vous portés dans votre seconde main libre. Le guichet, comme à la poste est comme le distributeur: un mur infranchissable, dressés telles les falaises de Douvres.
Oh je sais ce que vous allez me dire… il existe bien des installations pour les personnes invalides… Je pense que vous devez certainement parler de ces places de parkings bleus que Monsieur Dupont trouve suffisamment larges pour faire son créneau aisément, ce qui m’amène à parler de cette troisième et belle devise républicaine: fraternité.

Heureusement pour moi, il existe deux écoles de pensées. Ceux qui sont comme Monsieur Dupont, et ceux qui le lèvent pour vous laisser une place assise dans les transports, vous aident à gravir les interminables marches s’élevant devant vous, ceux qui pensent à vous tenir la porte lorsqu’elle celle-ci menace de se refermer tel un courant d’air devant vous.

Alors après un tel test, je me demandais qui serait partant de vouloir vivre une telle expérience enrichissante sur la vie ? Qui d’entre vous souhaiterait faire le grand saut ?

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11 commentaires à “Liberté, Egalité, Fraternité”


  1. 1 Al West 5 déc 2007 à 10:54

    Ben justement, après un double accident (salto depuis mon hamac) qui me fait claudiquer depuis une semaine, je sais ce que c’est que de devoir prendre sa voiture pour aller prendre un pot en ville, plutôt que d’y aller à pince.

    D’accord, cette prise de conscience manque cruellement de “souffrance vécue”, mais bon… c’est déjà ça!

    Quant à la fraternité, elle est plus à déplorer chez ceux qui en manquent qu’à revendiquer, ou à imposer, non?

    Tiens, c’est marrant, les initiales de la devise française font presque l’acronyme d’une célèbre marque de bière d’abbaye!

    Voilà pour mon “grand saut”, cher Stéphane.

    Cordialement.

    Al.
    PS / comment t’envoyer, si tu le désires, la planche du Chien que j’ai retrouvée? Send me a mail ‘f U wan’it.

  2. 2 Florian 5 déc 2007 à 13:13

    Voilà donc la réponse à ma question “c’est pas trop dur en béquilles” hier sur iChat :p
    Tu as bien fait de la poster là !
    C’est un constat juste, mais malheureusement il y a beaucoup de choses qui rentrent en jeu, et certains en subissent les conclusions :(

  3. 3 Dom 5 déc 2007 à 20:23

    Là aussi, tu sais ce que j’en pense.
    Il est malheureusement vrai qu’il faut parfois être confronté aux problèmes pour mieux en mesurer la hauteur.
    Mais des discriminés, nous en avons plein en France, c’est pas ce qui manque, on parle beaucoup des minorités ethniques, je rajouterai les handicapés, les personnes âgées (cachons ces vieux que nous ne saurions voir), les malades pauvres, les moches, les gros….

    Liste bien évidemment non exhaustive.

  4. 4 Stephane 6 déc 2007 à 10:02

    Al West > j’avais pas fais attention à la devise :( Je t’envoi un mail de suite ;)
    Florian > j’espère tout de même avoir répondu à tes questions de l’autre soir

    Dom > heu non les personnes âgées elle sortent le samedi matin faire leurs courses ou au coiffeur quand toi tu ne peux y aller un autre jour… C’est dingue ça, le mercredi après-midi c’est la journée des enfants, j’ai l’impression parfois que le samedi matin c’est la journée de petits vieux ! lol
    Mais en effet, il faut le vivre pour voir les problèmes sous un nouvel angle.

  5. 5 Dom 6 déc 2007 à 14:23

    PPfuh, ballot va.
    Je ne parle pas de la mémé qui te casse les pieds le samedi matin à la poste (encore que, ne t’aies tu jamais dit que c’est peut être justement pour voir du monde qu’elle vient juste au moment où il y a foule ?), je parle des personnes qui ne peuvent plus faire leur vaisselle, leurs courses, leur ménage, entretenir une maison, sortir, porter, etc.
    Une maison de retraite c’est 1500 euros par mois minimum et là, t’as le minimum du minimum.
    Mon papy, celui qui est mort en octobre, il a bossé 45 ans tous les jours, dans sa boulangerie à respirer de la farine.
    A bosser la nuit. Pour 800 euros de retraite par mois.
    Et ma grand mère “officiellement” ne travaillait pas, alors qu’elle tenait la boulangerie, l’épicerie, et le café tout en élevant ses 6 filles.
    C’est de cela dont je parlais.
    De ces personnes qu’on ne veut plus voir aujourd’hui.

    Pardon pour cette longue intrusion !

  6. 6 Stephane 6 déc 2007 à 14:43

    Dom > ah oki, là je comprends mieux…
    En effet, c’est une chose dont on parle jamais… ou alors si la vieille personne a été passée à tabac et qu’on lui a volée ça petite retraite… là à mon avis, le journal de 13h de TF1 fait 10 minutes sur la insécurité :o
    Je comprends bien que les personnes cherchent du monde… mais en semaine, ne peuvent-elles pas ce voir entres elles pour allez chez le coiffeur ? Qu’elles aillent faire la magasins ne me dérange pas… mais pourquoi les endroits où tu as un quota de lenteur assez énervant (coiffures, laposte, administrations, etc…) ?!

  7. 7 Dom 6 déc 2007 à 14:58

    Peut être parce que cela répond à la fois à une nécessité (aller à la poste), une réalité économique (pas besoin de dépenser) et à un besoin de voir autre chose que d’autres vieux.
    hmm ?

  8. 8 Stephane 6 déc 2007 à 16:47

    Dom > pas faux vu sous cet angle… Tu ne serais pas ma conscience Tantie Dom ? Une sorte de Jiminy Criquet ? lol

  9. 9 Al West 7 déc 2007 à 18:40

    A-hem, a-hem…

    !

    Dis, Iscario, tu la veux, la planche du Chien? Parce que je n’ai pas reçu ton e-mail.

    Bonne fin de semaine, sinon.

  10. 10 Stephane 7 déc 2007 à 19:08

    Al West > oups désolé, je viens à l’instant de te faire partir le mail

  11. 11 Jonathan D. 7 déc 2007 à 23:20

    Dom, il n’y a qu’en France qu’il y a des disciminés ? Ou est-ce que notre société de consommation mondiale exclue partout ceux qui ne répondent aux critères “de selection” ? Je crois pas que ce soit une caracteristique nationale, si ?

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